Quand les masques restent au vestiaire
- Martine Galland
- 6 oct. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 déc. 2025
Se cacher derrière un "ça va"
Combien de fois avez-vous dit « oui ça va » alors que, justement, ça n’allait pas ? Combien de fois avez-vous affiché un sourire de façade, continué à faire comme si tout allait bien — alors qu’à l’intérieur, quelque chose se fissurait ?
Nous avons appris à être forts, à ne pas déranger, à montrer la réussite au monde, gardant nos ombres loin des regards. Mais lorsque quelqu'un ose dire que "en ce moment c'est difficile", je constate que quelque chose s'ouvre, que le vernis social disparait, que l'humanité de chacun trouve un peu plus d'espace.
Et si nos failles étaient précieuses ?
Au Japon, l’art ancestral du Kintsugi offre une vision merveilleuse de le faille. Lorsqu’une poterie se brise, on la répare avec une matière précieuse : une laque saupoudrée d’or. Les fissures ne sont pas cachées. Elles deviennent des lignes lumineuses qui mettent l’objet en valeur. C’est grâce à la cassure qu’il prend de la valeur. C’est le principe de la résilience.
Imaginons appliquer cela dans votre propre vie. Nos ruptures, blessures, échecs, nos moments de fragilité pourraient devenir nos marques d’or. Des traces visibles qui disent notre histoire et notre humanité. La preuve que nous avons traversé, appris, grandi. On le voit parfois dans certains regards, dans certaines attitudes.
L’accompagnement fait briller vos failles
C’est cela que j’aime profondément dans ma pratique d’accompagnement : les masques et le small talk restent au vestiaire. Je vois ceux qui se racontent à moi comme les bols Kintsugi. Ce qui les rend beaux n’est pas l’apparence, la carrière ou la posture, mais la capacité de dire et de se mettre en chemin pour réparer, transformer, assumer les fêlures.
Je vois mon cabinet comme un lieu qui fait briller les failles pour faire jaillir ce qu’elles contiennent d’authenticité et d’humanité. Semblables aux personnes dont les rides forment un soleil au coin des yeux. Et qui l’offrent au monde.




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